7. Le développement économique



I. Les différents niveaux de développement

Le niveau de développement des différents pays du monde n’est pas identique. On peut dans un premier temps distinguer deux niveaux de développement et classer les pays en deux catégories : pays développés et pays en développement. Dans cette dernière, on peut ensuite distinguer trois types de pays : les pays émergents, les pays les moins avancés et les autres pays en développement.

A. Les pays développés

Dans les pays développés (États-Unis, Union européenne, Japon, Corée du Sud, etc.), la plus grande partie de la population satisfait ses besoins vitaux et accède à un certain confort, ainsi qu’aux soins et à l’éducation. Trente de ces pays sont regroupés au sein de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Ils ont en commun leur attachement aux principes de la démocratie et de l’économie de marché en vue :

  • de soutenir une croissance économique durable ;
  • de développer l’emploi ;
  • d’élever le niveau de vie ;
  • de maintenir la stabilité financière ;
  • d’aider les autres pays à développer leur économie ;
  • de contribuer à la croissance du commerce mondial.

B. Les pays en développement

D’après la classification de la Banque mondiale, les pays en développement regroupent des pays en situation intermédiaire avec une croissance relative de leur économie qui les distingue des pays les moins avancés. Ils se situent en majorité en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. Plusieurs économies en transition sont classées, dans certains cas, parmi les pays en développement du fait de leur niveau faible ou moyen de revenu par habitant et, dans d’autres, parmi les pays développés en fonction de leur niveau élevé d’industrialisation. Les pays en développement, dont le nombre dépasse 100, comptent plus de 80% de la population mondiale. Il n’existe pas de liste complète pour ce groupe de pays.

C. Les pays émergents

Le groupe des pays émergents ou nouveaux pays industrialisés (NPI) est hétérogène. Il englobe des économies dont le point commun est une croissance industrielle très rapide. Ce sont des pays très exportateurs et fortement intégrés au commerce mondial (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Vietnam, etc.). Leurs économies sont largement ouvertes aux capitaux étrangers sous la forme d’investissements directs à l’étranger (IDE). Leur niveau de vie se rapproche de celui des pays riches.

Leur croissance ne s’accompagne pas toujours d’une répartition des richesses juste et équitable. Le manque de transparence des banques, les prises de risques boursiers excessives et la corruption constituent autant de faiblesses qui favorisent les crises financières dans les NPI depuis les années 1990.

D. Les pays les moins avancés (PMA)

La catégorie des PMA comprend actuellement 48 pays, situés majoritairement en Afrique subsaharienne. Elle compte environ 900 millions d’habitants, soit 12% de la population mondiale et se définit par les vulnérabilités économiques et sociales des pays qui la composent.

Les caractéristiques des PMA sont :

  • un revenu par habitant, inférieur à 900 dollars (645 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté dans les PMA) ;
  • un retard dans le développement humain, en s’appuyant sur les indicateurs de santé, de nutrition et de scolarisation ;
  • une vulnérabilité économique basée sur les indicateurs d’instabilité, de production et d’exportations agricoles, le manque de diversification de la production, et le handicap d’être un petit pays.

 

II. La distinction entre croissance et développement A. La croissance condition du développement

1. Croissance et développement

La croissance économique représente l’accroissement durable de la production globale d’une * » économie. Elle représente avant tout un phénomène quantitatif que l’on mesure par l’accroissement du produit intérieur brut (PIB) d’une année sur l’autre.

Le développement désigne l’expansion des activités économiques qui entraînent l’enrichissement d’un pays et l’amélioration générale des conditions de vie et de bien-être de sa population. Il implique une transformation radicale des structures économiques, sociales, culturelles et institutionnelles d’un pays au moyen de programmes sur le long terme tels que :

  • le développement de l’école primaire pour tous ;
  • la promotion de l’égalité des sexes et du droit des femmes ;
  • la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle ;
  • la lutte contre le SIDA, la lutte contre la désertification, etc.

Le développement se distingue de la croissance par sa nature qualitative.

Ces deux concepts, qui font référence à des notions différentes, sont pourtant liés. On considère que la croissance est une condition nécessaire du développement, mais qu’elle n’est cependant pas suffisante.

2. Croissance et pauvreté

II existe un lien étroit entre la croissance du PIB par habitant et la réduction du taux de pauvreté. Mais la croissance économique n’assure pas automatiquement la réduction de la pauvreté. Dans les pays les plus pauvres, la pauvreté est surtout concentrée en milieu rural et les ressources essentiellement tirées de l’agriculture.  Une croissance limitée aux activités agricoles contribue à réduire la pauvreté à court terme.

Mais comme les productions agricoles sont dépendantes de nombreux aléas (climat, fluctuation des cours des matières premières), la pauvreté ne peut être réduite de façon durable. Les pays les plus pauvres doivent entreprendre une diversification de leur économie pour augmenter durablement le niveau de vie des pauvres à long tenue.

Par ailleurs, les sociétés les plus égalitaires favorisent plus facilement l’utilisation de la croissance pour réduire la pauvreté. Ceci est vrai non seulement pour la répartition des revenus, mais aussi pour la répartition des terres, l’accès aux services de santé et d’éducation, à l’eau potable, l’élimination des inégalités hommes/femmes.

3. Croissance et PMA

Les 48 pays les moins avancés (PMA), dont les deux tiers se situent en Afrique subsaharienne, ont connu une croissance relativement forte depuis une décennie, sans que celle-ci soit synonyme de développement. En effet, cette amélioration globale recouvre d’importantes disparités et reste fragile. Ainsi, la pauvreté a globalement augmenté dans les PMA ces dernières années, la productivité agricole a stagné, la production alimentaire par habitant a reculé.

Ce boom économique masque de profondes inégalités.

Il s’agit principalement des quatre pays producteurs de pétrole du groupe, qui ont profité de la hausse du cours du baril de pétrole : l’Angola, la Guinée équatoriale, le Yémen et le Soudan. Mais, dans l’ensemble, cette richesse profite peu à la population car les activités économiques sont aux mains d’entreprises étrangères, qui investissent peu dans les économies locales. De plus, les PMA n’arrivent pas à utiliser l’argent investi, que ce soit par l’aide au développement ou les compagnies pétrolières, pour créer des emplois qualifiés et productifs car il manque un acteur essentiel pour assurer le développement de leurs économies : les petites et moyennes entreprises (PME).

Encourager la création de PME permettrait une baisse du chômage essentiellement en zone urbaine. Et pour les pays occidentaux, cela freinerait l’immigration clandestine vers leurs pays.

B. Les critères du développement

Le développement économique atteint par un pays est étudié à partir de nombreux critères sociaux, économiques et démographiques.

1. Le produit intérieur brut par habitant.

Le PIB par habitant est la valeur des biens et services produits durant l’année par un pays, divisée par le nombre de ses habitants. Il mesure la richesse produite par habitant. Il s’agit d’un indicateur quantitatif qui témoigne du niveau de développement, mais il ne donne aucune information sur la répartition de la richesse créée dans le pays.

2. L’espérance de vie à la naissance

L’espérance de vie à la naissance (ou durée de vie moyenne) indique le nombre moyen d’années qu’un groupe d’individus peut s’attendre à vivre (si le taux de mortalité ne varie pas).

L’espérance de vie dans le monde est estimée en 2009 à environ 66,5 ans. Cette espérance de vie moyenne englobe des réalités très différentes selon les pays : 79 ans dans les pays développés contre seulement 51,5 ans en Afrique subsaharienne.

3. Le taux d’alphabétisation des adultes

Le taux d’alphabétisation des adultes est défini comme le pourcentage de la population de 15 ans et plus qui peut lire et écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec sa vie quotidienne. L’alphabétisation contribue au développement économique, social et culturel de la société. Les taux d’analphabétisme démontrent l’étendue des politiques et les efforts nécessaires à mettre en œuvre pour organiser les programmes d’alphabétisation des adultes et une éducation primaire de qualité.

4. Le taux de scolarisation

Le taux de scolarisation représente le pourcentage d’enfants en âge d’aller à l’école primaire et qui fréquentent effectivement une école. On estime à 7 milliards de dollars l’investissement nécessaire pour réaliser l’enseignement primaire universel et l’égalité entre les sexes dans l’accès à l’éducation dans le monde.

5. Le taux de fécondité

Le taux de fécondité correspond au nombre de naissances d’enfants vivants rapporté au nombre moyen de femmes en âge de mettre au inonde un enfant (ou âge de procréation compris entre 15 et 49 ans). Il est, par exemple, de 1,79 en Algérie, de 6,12 en Ethiopie, de 1,98 en France en 2009 (ce qui signifie qu’en France, une femme met au monde en moyenne presque 2 enfants).

Le taux de fécondité témoigne de la vitalité démographique d’un pays. Il est plus intéressant que le taux de natalité (nombre de naissances/population totale), qui ne donne pas assez d’indications : si la population comprend beaucoup de personnes âgées, le nombre de naissances est forcément faible. En revanche, si la population est très jeune, il y aura de nombreuses naissances. En rapportant le nombre de naissances au nombre de femmes en âge de procréer, c’est-à-dire en calculant le taux de fécondité, on obtient un indicateur plus précis. Le taux de fécondité sert aussi à évaluer le renouvellement des populations : en France, le taux de fécondité doit être de 2,1 enfants par femme pour que la population reste la même. Dans d’autres pays, il doit être plus élevé pour que la population ne diminue pas : en effet, beaucoup d’enfants n’atteignent pas l’âge adulte.

6. Autres indicateurs démographiques

On peut citer également le taux de mortalité des femmes lors de l’accouchement ou des suites d’une grossesse, les taux de mortalité infantile et juvénile, le vieillissement de la population.




 

III. Les indicateurs du développement

A. Les limites du PIB

Le PIB par habitant est l’indicateur le plus utilisé pour mesurer le développement et effectuer des comparaisons internationales. Il correspond à une moyenne de revenu par habitant et ne fournit aucune indication sur les disparités au sein de la population. Il ne reflète pas non plus le niveau de vie réel puisqu’il ne comptabilise pas l’économie informelle (travail au noir, production domestique liée, par exemple, aux jardins potagers, bénévolat…).

Il convient de s’interroger également sur la réalité de certaines créations de richesses qui correspondent à un gaspillage. La surconsommation alimentaire ou de médicaments contribue à l’augmentation du PIB mais, dans le même temps, elle a des conséquences négatives sur la santé des populations (maladies cardiovasculaires, obésité…).

Le niveau de développement et de bien-être des différentes nations s’apprécie par des indicateurs qui viennent compléter et relativiser la portée du PIB par habitant.

B. L’indicateur de développement humain

1. L’IDH (indicateur ou indice de développement humain)

Le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) considère que le développement ne peut pas être mesuré à partir du seul critère du PIB par habitant. Les économistes de l’ONU (Organisation des Nations unies, dont dépend le PNUD) ont élaboré un indicateur avec plusieurs critères : l’indicateur de développement humain (IDH). L’IDH comporte trois dimensions principales : la santé, l’éducation et le revenu. Les critères correspondants, pris en compte dans le calcul de l’indice, sont : l’espérance de ,vie à la naissance, la durée moyenne de scolarisation, le revenu national brut par habitant (en parité de pouvoir d’achat).

L’IDH a été créé pour souligner que les individus et leurs capacités devraient être le critère de référence pour évaluer le développement d’un pays, et pas uniquement la croissance économique. L’IDH permet d’apprécier l’amélioration des conditions de vie d’un pays.

2. L’indicateur de développement humain ajusté aux inégalités (IDHI)

L’IDH ajusté aux inégalités (IDHI) est une mesure du développement humain des individus dans une société qui tient compte des inégalités. S’il n’y a aucune inégalité, l’IDH et FIDHI sont égaux.

L’IDH représente une moyenne nationale des réalisations du développement humain dans les trois dimensions principales composant l’IDH : santé, éducation et revenu. Comme toutes les moyennes, il masque les disparités de développement humain entre les populations d’un . même pays. Deux pays avec des répartitions de réalisations différentes peuvent avoir la même \valeur moyenne d’IDH. L’IDHI tient compte non seulement des réalisations moyennes d’un pays en matière de santé, d’éducation et de revenu, mais également de la manière dont ces réalisations sont réparties entre ses citoyens en « déduisant » la valeur moyenne de chaque dimension selon son niveau d’inégalité.

C. Mesure de la pauvreté

L’Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) identifie les manques simultanés au niveau des ménages dans les trois mêmes dimensions que dans l’Indice de développement humain (niveaux de vie, santé et éducation) et montre le nombre moyen de personnes pauvres et de manques auxquels les ménages pauvres doivent faire face.
Les critères pris en compte sont la malnutrition, la mortalité infantile, la scolarisation insuffisante et les mauvaises conditions de logement.