13. Les inégalités de richesse au niveau mondial



La croissance se traduit normalement par une augmentation des revenus de tous les habitants. Mais au niveau mondial, elle se traduit par une aggravation des inégalités entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres. Toutefois, les pays en voie de développement ont connu des évolutions très contrastées. Si certains pays en voie de développement, dits « émergents », sont engagés dans une phase de rattrapage des pays avancés, d’autres, les pays les moins avancés, sauf quelques exceptions en Afrique, sont largement restés en dehors de l’augmentation de la richesse mondiale.

 

I. Les inégalités entre pays riches et pays pauvres

A. La division entre pays riches et pays pauvres

Le monde est scindé entre pays riches et pays pauvre selon une ligne nord-sud.

La pauvreté dans les pays pauvres ne permet pas – pour la plus grande partie des habitants – la satisfaction des besoins primaires et conduit souvent à la mort par malnutrition (selon l’ONU, toutes les cinq secondes, une personne dans le monde meurt de malnutrition) ou de maladie endémique (choléra, paludisme, fièvre jaune, etc.).

Les principales conséquences de la pauvreté sur les populations des pays pauvres sont la malnutrition, une espérance de vie réduite et l’analphabétisme. 50 % de la population mondiale vivent avec moins de 2 dollars par jour, dont 1,2 milliard de personnes qui vivent dans une pauvreté extrême. II existe aussi une pauvreté d’une partie de la population dans les pays riches, mais il s’agit
d’une pauvreté relative qui concerne les conditions de vie et beaucoup plus exceptionnellement de survie.

B. L’évolution des inégalités

Bien qu’il doit difficile d’apprécier statistiquement la pauvreté, on constate que globalement la pauvreté diminue dans le monde, mais que le recul de la pauvreté n’est pas identique dans toutes les régions du monde : il est fort en Asie du Sud-est et très faible en Afrique subsaharienne.

Malgré la croissance des pays en développement, les écarts de niveau de vie au niveau mondial demeurent très importants.

 

II. Le décollage économique des pays émergents

A. Vers un rattrapage des pays développés

1. La croissance des pays émergents

Les économies des pays émergents et des pays en développement assurent plus de la moitié de la production mondiale. Ces pays devraient représenter près de 60 % du PIB mondial en 2030.

Ce recentrage du pouvoir économique correspond à un basculement du centre de gravité du monde, des États-Unis, première puissance mondiale, de l’Europe occidentale et du Japon vers les pays en voie de développement en général et la Chine et l’Inde en particulier.

2. Les gains de productivité des pays émergents

Les pays émergents combinent à la fois des gains de productivité importants et des salaires plus faibles que ceux des pays développés. Cette amélioration de la productivité provient des effets du progrès technique.

Les pays émergents tirent avantage de cette amélioration de la productivité de leur travail, qui favorise leurs exportations vers les pays développés, et les ménages des pays riches bénéficient d’importations moins coûteuses et améliorent ainsi leur pouvoir d’achat.

B. L’ouverture des économies

Les pays émergents, à l’image de la Chine, engagent des réformes pour ouvrir et libéraliser leur économie autant en interne et que dans l’ouverture aux marchés mondiaux.

Les entreprises de pays émergents sont de plus en plus présentes dans la mondialisation financière au travers d’investissements internationaux : prises de participation et acquisitions d’entreprises de pays développés, encouragement des investissements étrangers.

Ce mouvement a été rendu possible par les rentrées financières des entreprises qui ont tiré parti, d’une part, de l’augmentation des cours des matières premières et du pétrole et, d’autre part, de la performance de leurs marchés boursiers jusqu’à la mi-2008.

C. Une croissance sur fond d’inégalités internes

La croissance soutenue de l’économie s’est accompagnée, dans certains pays, d’un accroissement des inégalités qui a conduit à des mouvements sociaux.

La croissance peut s’accompagner à la fois d’un recul de Sa pauvreté absolue et d’une augmentation des inégalités.

Dans les pays à tradition égalitaire (les pays Scandinaves, par exemple), la croissance et la mondialisation ne s’accompagnent pas d’une hausse des inégalités, alors que dans les pays de tradition inégalitaire (Brésil, Chili, Afrique du Sud, Chine), elles s’accompagnent d’une hausse des inégalités. Les riches deviennent plus riches et les pauvres, plus pauvres encore.